Aménagement des locaux et incendie : les mesures à respecter

Le bon aménagement des locaux est primordial pour la bonne conduite des activités d’une entreprise mais aussi pour favoriser le bien être des salariés.

Parmi les éléments importants liés à l’aménagement, la prévention des risques incendie en entreprise et la sécurité des locaux sont des éléments ne devant pas être négligés.

Comment favoriser la sécurité des salariés ? Comment prévenir la propagation d’un incendie ?

Pourquoi l’aménagement des locaux est-il primordial en cas d’incendie ?

Un incendie survenant sur le lieu de travail peut être avoir de lourdes conséquences pour l’entreprise. Il s’agit généralement d’un type d’accident rare mais qui peut être très meurtrier lorsqu’il se produit.

C’est pour cette raison que le risque d’incendie en entreprise ne doit en aucun cas être négligé et doit être pris en compte dès la conception et la construction de locaux d’entreprise. Dans le cas, plus courant, d’un achat de locaux ou d’une location, ce risque doit être analysé avant l’investissement des lieux par les salariés, au moment où l’on procède à l’aménagement ou au réaménagement des locaux.

Les obligations de l’employeur concernant la sécurité des locaux

Selon l’article L.230-2 du Code du Travail, c’est à l’employeur que revient la charge d’assurer la sécurité des employés dans le cadre de leur travail.
Cela passe par la souscription d’une assurance dédiée, mais aussi par la mise en place de dispositifs de sécurité anti-incendie obligatoires. Il s’agit par exemple de l’installation d’extincteurs, de dispositifs antifumée, d’un dispositif d’alarme, d’un système de désenfumage, etc.

La formation aux risques incendie en entreprise fait également partie des obligations de l’employeur vis-à-vis de ses salariés. A cela s’ajoute enfin la mise en place d’issues et de voies de dégagement pour permettre une évacuation rapide des salariés.

Améliorer la sécurité des locaux : les mesures à prendre

En dehors de l’installation de dispositifs préventifs imposés par la loi, l’employeur a également d’autres alternatives pour limiter le risque d’incendie au sein de l’entreprise et enrayer la propagation d’un feu. Cela passe notamment par :

• La création d’obstacles physiques :
o Diviser l’espace de bureaux, les locaux d’activités ou les entrepôts afin d’empêcher un feu de s’étendre trop rapidement ;
o Installer des murs et des portes coupe-feu. Ces derniers sont par exemple obligatoires dans les bâtiments de type ERP (Etablissement habilité à recevoir du public) ou IGH (Immeuble de Grande Hauteur);
o Encloisonner les escaliers pour protéger les salariés lors d’une évacuation d’urgence.

• L’isolation des locaux à risques. Il s’agit par exemple de mettre dans une pièce dédiée, les produits pouvant éventuellement inflammable et dangereux.

• La réalisation d’issues et de voies de dégagement en nombre suffisant et de largeur suffisante.

• Choisir les matériaux utilisés pour les travaux d’aménagement des locaux en fonction de leur résistance et de leur réaction face au feu. En effet, tous les matériaux ne contribuent pas de la même manière à la propagation d’un incendie. Chaque type de matériau a un degré d’inflammabilité qui lui est propre. De la même manière tous les matériaux ne dégagent pas nécessairement de gaz ou de fumées toxiques pouvant contribuer à l’asphyxie des individus.

> À lire aussi : Immeubles de grande hauteur : la réglementation IGH

Focus sur la résistance des matériaux face au feu

Lorsqu’on réalise des travaux d’aménagement pour des locaux nouvellement achetés ou à louer, il est important de s’intéresser à la qualité des matériaux que l’on choisit. Cela est valable aussi bien pour les murs que pour le plafond, le sol, l’isolation ou encore le mobilier.

En France et en Europe, on évalue le comportement d’un matériau face au feu selon deux valeurs : la résistance au feu et la réaction au feu. Ce sont les deux éléments déterminants parmi les facteurs de risque d’incendie en entreprise.

La résistance au feu

La résistance au feu désigne la durée pendant laquelle un matériau sera à même de continuer à remplir sa fonction en cas d’incendie. Elle permet ainsi d’évaluer les capacités physique et mécanique d’un produit. Il peut s’agir de portance, d’étanchéité, d’isolation thermique…

En France on évalue la résistance au feu avec 3 indicateurs qui s’expriment en heures (1/4h, 1/2 heure, 1 heure, etc.) :

• SF (Stabilité au Feu) : la durée pendant laquelle un matériau de construction résiste mécaniquement.
• PF (Pare-Flamme) : Temps pendant lequel l’étanchéité d’un matériau aux flammes et aux gaz chauds et/ou inflammables est assurée ;
• CF (Coupe-Feu) : Temps durant lequel un matériau conserve sa stabilité face au feu et pendant lequel la face exposée ne dépasse pas 140° C en moyenne et 180° sur une partie.

A l’échelle européenne, il existe un système de valeur équivalent, créé dans un souci d’harmonisation : REI.
« SF » devient « R », « PF » devient « E » et « CF » devient « (E) I ». Le temps s’exprime en minutes.
Un constructeur est libre de choisir l’une ou l’autre des notations.

La réaction au feu

La réaction au feu désigne la capacité d’un matériau alimenter un feu et à favoriser sa propagation. Cette notion permet d’évaluer le caractère plus ou moins combustible d’un matériau.

En France on analyse la réaction au feu grâce à l’échelle suivante :
• M0 : matériaux incombustibles ;
• M1 : matériaux non inflammables ;
• M2 : matériaux difficilement inflammables ;
• M3 : matériaux moyennement inflammables ;
• M4 : matériaux facilement inflammables ;
• NC : matériaux non classés.

Un classement européen équivalent a également été mis en place. Celui-ci tend de plus en plus à prévaloir sur le système de valeur français dans une optique d’harmonisation.

L’échelle de valeur européenne est la suivante :
• A1 : incombustible
• A2 : non ou peu combustible ;
• B : matériaux peu combustibles ;
• C : Produit moyennement combustible ;
• D : produit très combustible
• E : matériaux facilement inflammables et propagateur de flamme ;
• F : Produit non classé ou non testé.

Chaque lettre du classement européen est généralement accompagnée de deux autres indicateurs qui sont le degré de dégagement de flammes (s1, s2, s3) et la production de gouttes enflammées (d0, d1, d2).

La résistance au feu et la réaction au feu des matériaux doivent être indiquées sur tous les matériaux de construction.

Selon le type d’activité exercée au sein de l’entreprise, il peut être important de se pencher plus avant sur les classifications des matériaux. Ceux qui sont à privilégier peuvent par exemple différer selon s’il s’agit de bureaux, de locaux d’activité ou d’entrepôts.

Ces articles peuvent également vous intéresser

JLL vous propose les offres suivantes: