Travailler debout : avantages et contraintes de cette pratique en vogue

Le poste de travail semble touché par un nouveau phénomène tout droit arrivé de la Silicon Valley : travailler debout.

Même si selon l’INRS, organisme chargé de la santé et de la sécurité au travail, il n’existe pas une posture idéale, des études démontrent que le travail debout maintiendrait le salarié en bonne santé.

Point sur cette nouvelle méthode de travail qui au-delà des avantages et contraintes qu’elle suscite, passe dans un premier temps par un changement des mentalités.

Rester assis nuit à la santé !

Rob Danoff, médecin et membre de l’Association des ostéopathes américains, affirme que  « nous sommes une société qui s’avachit (…) au bureau, à la maison, sur le canapé».

Plusieurs études, dont celle réalisée par l’American Cancer Society, ont démontré que rester assis pendant plus de 6 heures au travail impacterait la bonne santé des salariés, voire diminuerait leur espérance de vie.

Une position assise prolongée et régulière entrainerait notamment des troubles de la circulation sanguine, une dégénérescence de la masse musculaire, une diminution des capacités cardiaques et pulmonaires, des douleurs lombaires, des problèmes digestifs … et contre toute attente, le salarié assis serait plus fatigué que son homologue travaillant debout.

La position « débout » ou «assis-debout » : qu’est-ce que c’est ?

Dans les bureaux de Google ou de Facebook, les salariés raffolent de cette nouvelle tendance.Travailler debout ou « debout-assis » relèguerait presque aux oubliettes le traditionnel poste de travail où l’on est assis pendant des heures devant son écran.

Les ouvrages d’anatomie représentent la position debout de façon très peu naturelle : un être, le dos droit, les jambes tendues et serrées, les bras le long du corps. Dans le cadre de son activité professionnelle, rester debout comme présenté dans les manuels est inenvisageable. Concrètement, le salarié travaillant debout reparti son poids sur ses 2 jambes en maintenant un écartement moyen, basculant le poids sur une hanche, puis sur l’autre afin de limiter la fatigue de ses membres inférieurs.

Dans la position « assis-debout » le salarié est debout tout en étant appuyé contre un tabouret haut et ergonomique. Le poids de son corps est réparti tant sur ses membres inférieurs que sur son bassin, respectant ainsi les courbures naturelles du dos.

Des avantages à travailler debout mais également des contraintes

Travailler debout ou debout-assis présente certains avantages :

  • plus grande accessibilité aux objets ;
  • communication plus spontanée entre collègues ;
  • facilité de déplacement ;
  • développement de la masse musculaire du haut du corps et maintient de celle des membres inférieurs ;
  • position idéale pour la courbure du dos et bonne mobilité des membres inférieurs dans le cadre d’un travail assis-debout.

Toutefois si le salarié travaille en position verticale de façon prolongée, certains troubles identiques à ceux constatés dans le cadre d’une position assise et mentionnés précédemment, apparaissent.

La solution idéale pour favoriser le bien-être du salarié résiderait dans une posture mixte.

Changer les structures et les mentalités !

Encore du chemin à faire …

Aujourd’hui en France, 95 % des bureaux sont des postes fixes.  La tradition, les mentalités, la modification des agencements et le coût sont les principaux freins au développement de ces nouvelles méthodes de travail.

Les pays scandinaves sont précurseurs en matière de travail en position debout ou mixte. Selon Claudine Steca, expert en aménagement des postes de travail « rares sont les postes de travail non réglables en hauteur ».

Aux États-Unis, la tendance se confirme également, poussée par la crainte des employeurs de se retrouver devant les tribunaux, accusés de négligence sur le bien-être et la santé de leurs salariés.

Toute une organisation …

Travailler debout ou en position mixte implique des changements organisationnels et structurels. Face à son désir de mettre en place cette nouvelle façon de travailler, l’entreprise dispose de plusieurs solutions :

  • Changer sa flotte de bureaux en investissant dans des postes réglables en hauteur, tout en sachant que ce type de mobilier coûte 20 % à 100 % plus cher qu’un bureau fixe.
    Cette solution, qui nécessite un gros investissement de départ, n’impacte pas l’organisation de l’espace et permet aux salariés, selon leurs envies et besoins, de travailler debout, assis ou assis-debout.
  • Si l’investissement initial est trop lourd, ou si l’idée de travailler debout reste encore tabou pour les équipes, l’entreprise peut prévoir un espace dédié au travail en position verticale qui sera aménagé avec quelques bureaux hauts et des tabourets inclinés.
    L’investissement est moindre mais nécessite de revoir l’agencement des locaux. Cette solution offre aux salariés qui le désirent la possibilité de venir travailler dans une posture verticale, quelques minutes ou quelques heures par jour.

Un nomadisme au sein de l’entreprise qui fera sans doute de plus en plus d’adeptes.

Êtes-vous prêt à travailler debout ?

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