Baby-boomers, Y, X : ces générations au travail

Les entreprises, outre les changements importants liés aux technologies, à l’économie ou aux nouvelles façons de travailler, font face à une évolution humaine : le remplacement en masse des baby-boomers par les membres des générations X et Y.
La définition même de la génération X, Y ou baby-boomer implique un état d’esprit et un rapport différent au monde du travail. 
Qu’en est-il ? N’est-il pas dangereux de catégoriser ces générations ?

Rappel sur le concept de « génération »

Le Larousse définit une génération comme « un ensemble de personnes vivant dans le même temps et étant à peu près du même âge ». Les membres d’une génération ont de ce fait été exposés aux mêmes conditions économiques et sociales et connus les mêmes événements importants d’une époque. Sans tomber dans les stéréotypes, ces expériences communes ont ainsi défini des attitudes et des motivations propres à chaque génération, notamment dans l’univers professionnel.

Des experts et psychologues ont catégorisé 5 grandes classes générationnelles : les traditionnalistes (ou vétérans), les baby-boomers et les générations X, Y et Z.
Les Baby-boomers et les générations X et Y étant celles qui sont actuellement le plus représentées en entreprise.

Comment se caractérisent ces générations au travail ?

Des caractéristiques générationnelles objectives et subjectives notamment l’année de naissance, les valeurs, le contexte économique et social, la stratégie professionnelle, la conciliation vie privée/travail ont été observées et permettent notamment de mieux comprendre ce que l’on peut communément appeler « le fossé des générations » (notamment au travail !).

Les traditionnalistes : la satisfaction du travail bien fait

Nés entre 1920 et 1945, les traditionnalistes ont connu la période de dépression des années 30. Le sens du travail et du sacrifice propre à cette génération a été aiguisé par la nécessité de relancer l’économie et de construire des bases solides dans une époque de crise.
Ils ont foi en la hiérarchie, qui pour eux, est une condition sine qua non de la réussite professionnelle. Loyaux envers leur employeur, les membres de la génération dite « des traditionnalistes » envisagent leur carrière dans un même secteur d’activité, voir dans la même entreprise.
Disciplinés, ils scindent vie privée et vie professionnelle, laquelle est réglée par des horaires préalablement définies.

Les Baby-boomers : la réussite comme Leitmotiv

Âgés de 45 à 65 ans, les baby-boomers sont encore aujourd’hui beaucoup représentés dans le monde du travail. Ayant grandit dans le boom économique de l’après guerre, cette génération est de nature optimiste. Animée par l’idée que tout est possible, elle souhaite révolutionner la société.

L’ambition et la force de travail des baby-boomers développent la valorisation personnelle au service d’une réussite professionnelle.

Les baby-boomers veulent accomplir de grandes choses, quitte à sacrifier leur vie personnelle.

La génération X : une flexibilité à toute épreuve

Les membres de la génération X sont nés entre 1965 et 1980, période durant laquelle les symboles d’une stabilité économique, sociale et personnelle s’amoindrissent : crises économiques et pétrolières, travail à plein temps des deux parents, familles monoparentales ou recomposées.
Conséquence directe de cette expérience, la génération X développe un scepticisme et une autonomie se traduisant notamment par une compétition devant mener à leur développement individuel. Ils croient en eux plus qu’aux institutions.

Évoluant sur un marché du travail incertain, ils sont flexibles et bâtissent leur vie professionnelle sur la multiplication des compétences et des expériences ; certainement la génération la plus instruite à ce jour. Les individus qui en sont issus ont une force de travail qui les conduit souvent à des postes de direction ou à responsabilité.

Les membres de la génération X (génération caractérisée notamment par son individualisme professionnelle et son autonomie) exigent une liberté dans le travail qui leur permette de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Elle est la première génération à avoir connu les révolutions technologiques et les jeux vidéo.

La génération Y : les enfants de la communication

Génération suivante, elle est le pur produit d’un monde dans lequel prévalent les nouvelles technologies et le virtuel.
Habitués à ce monde connecté et en perpétuelle mouvance, les membres de la génération Y sont pragmatiques, ouverts, mobiles, créatifs, curieux et déterminés à vivre une existence épanouissante dans tous les domaines. Ce sont des candidats « consommateurs » qui ne scindent plus vie privée et vie professionnelle.

Nés entre 1981 et 1990, ils affluent en grand nombre sur un marché du travail qui connaît le chômage de masse.
Issu d’une famille habituellement peu nombreuse et plus aisée, l’individu membre de la génération Y a généralement été éduqué selon les préceptes de « l’enfant roi », ce qui peut quelques fois, être à la source de ses attentes et de ses exigences élevées dans le milieu du travail.

Prônant les valeurs individualistes et appréciant d’être consultées, ces personnes peuvent avoir du mal à supporter l’autorité et la hiérarchie, et par conséquent s’identifient peu à leur entreprise.

À titre informatif, la génération Z, dernière génération définie par les sociologues, englobe les jeunes nées après 1990, n’étant actuellement pas encore sur le marché du travail.

Baby-boomers, Y, X … les limites de ce cloisonnement générationnel

La notion même de génération est issue des différences et des oppositions entre individus.

Raisonner en terme de génération implique l’idée même de stéréotypes basés sur l’âge, l’environnement social, le contexte économique et politique, l’appartenance à un groupe social…
Même si effectivement, il est impossible de nier que ces différents contextes déterminent le comportement d’une personne dans la société, notamment au travail, il ne faut pas faire abstraction de l’identité, de la volonté individuelle et de l’expérience personnelle et professionnelle propres à chacun. Ce sont ces notions plus subjectives qui structurent et différencient une personne évoluant pourtant au sein d’une même génération.

Enfin, la non homogénéité des âges au sein d’une génération ne permet pas de considérer le groupe dans sa globalité. Par exemple, un individu âgé de 18 ans et un second de 27 ans, appartenant tout deux à la génération dite Y, n’auront pas la même maturité et la même expérience.

Cette catégorisation par génération est primordiale afin de comprendre les attentes et les exigences d’un groupe. Au delà d’une simple classification sociologique, elle détermine des règles de management, des ressources humaines et des bureaux adaptés.

Nous reviendrons sur ces aspects dans des billets ultérieurs. À suivre ...

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